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Dans plusieurs de leurs tablettes, les sumériens parlent de « Puissants » dont ils étaient les serviteurs. Parmi eux, citons An (Dieu des cieux et premier des puissants), Enlil (Seigneur de l'air), Enki (dieu de l'eau douce), Ninurta, Ishkur, Nannar…. Le panthéon principal des sumériens était composé de douze puissants. Il est souvent exprimé dans les textes sumériens que l’origine de leur civilisation trouvait ses sources dans l’inspiration d’êtres divins. Les sumériens pensaient avoir été crée par les dieux pour leur servir de main d’œuvre. Ils étaient convaincus de leur soumission aux « dieux » : une résignation et une crainte qui n’est pas sans rappeler un certain fatalisme dans la croyance des grandes religions que nous connaissons.
Il est décrit dans la Bible qu’Abraham vient de la ville de Ur qui est une ville sumérienne. Les hébreux ont ensuite appelé leur dieu Yahvé qui est un condensé le la divine triade des sumériens : Enlil, Enki et An. Le monothéisme juif s’est constitué en plusieurs étapes. Après l’hénothéisme d’Abraham et la monolâtrie de Moise, il faudra attendre l’exil de Babylone (587- 538 av JC) pour queYahvé soit proclamé par les hébreux comme seul dieu dominant l’univers.
Dans la bible originelle était écrit : « Au commencement Elohim créa le ciel et la terre... ». Or, Elohim (dont le nom propre est Yahvé) est un pluriel et de nombreux traducteurs lui donnent le sens de « les dieux». Dans la Genèse, « Dieu dit : Voila que l’homme est devenu comme l’un de nous pour connaître le bien et le mal » (G III – 22). Nous sommes tenté de nous demander ce que signifie l’expression « comme l’un de nous » ? Il semblerait que le culte des dieux Elohim provient des croyances polythéistes sumériennes.
Les exégètes s’accordent généralement pour dire que les récits bibliques relatés dans les 11 premiers chapitres de la Bible sont une résonance des mythes et légendes sumérienne. D’après Kramer, « le paradis semble bien être d’origine sumérienne ». Dans un de leurs nombreux poèmes, les sumériens parlent d’une contrée du nom de Dilmun aux apparences paradisiaques, un endroit « pur » et « brillant » où ne règne ni la maladie, ni la mort. Tandis que les sumériens situent ce lieu dans le sud ouest de la Perse, la bible indique que Yahvé plante un jardin d’Eden du côté de l’Orient : « Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin. Il se divisait ensuite en quatre bras : le nom du premier Pichon, le nom du second est Guihon, le nom du troisième est Hiddeqel, c’est celui qui coule à l’Orient de l’Assyrie, le quatrième fleuve est l’Euphrate. » Genèse, II, 8-14. Le mot Éden est originaire de Mésopotamie. En akkadien, edinu signifie plaine, et, en sumérien, edin est un terrain fertile ou irrigable. Dans ces deux récits sont décrits les mêmes fleuves, le même lieu, le même péché originel. D’après le livre « Sumer » qui relate l’histoire de l’art de la civilisation sumérienne, « La Mésopotamie fut bien le paradis originel ».

L’art et la religion ont été intimement liés durant toute l’aventure mésopotamienne. Ainsi, nous retrouvons des similitudes étonnantes entre un des récits bibliques les plus connus et un sceaux cylindre sumérien. Cette représentation réunit en effet un dieu, un arbre, une femme et un serpent. Dans le livre « Sumer », les auteurs expliquent que la plupart des chercheurs considèrent à présent cette ressemblance comme une simple « coïncidence » Cela suscite pourtant de vives interrogations..

Cylindre de la Tentation. Milieu du 3ème millénaire.
Londres, British Museum
Le poème « Enki et Ninhursag » peut également être associé au mythe de la cote d’Adam qui donna vie à Eve. C’est la cote, qui est justement dans ce récit sumérien la cause du mal d’Enki. La cote se dit « Ti » en sumérien, dont la double signification est « faire vivre ». Autre similitude, les sumériens pensaient avoir été crée d’argile tout comme Adam qui d’après la Bible fut crée par une poignée de terre. Nous retrouvons d’autres ressemblances entre des récits sumériens portant sur la légende d’Enki et sur le récit portant sur le paradis originel. D’après les écrits sumériens, Niahursag, divinité de la Terre a placé Enki et et Ninnu dans un jardin où elle avait fait pousser 8 plantes. Enki succombe à la tentation et goûte ces plantes. Par ce péché, il sera punit par la grande déesse qui maudira son nom et le vouera à la mort.

Vase du style « Suse I ». Suse. Seconde moitié du 4ème millénaire. Terre cuite. Haut. 30,2cm. Paris, Musée du Louvre.
Le premier mythe du déluge fut écrit par les sumériens, puis reprit par les babyloniens. Dans l’épopée de Gilgamesh, qui est un des récits sumériens les plus célèbres, le mythe du déluge est clairement relaté : "Six jours et sept nuits passèrent; Les tempêtes du déluge soufflaient encore; Les tempêtes du sud couvraient le pays. Le septième jour; Les tempêtes du déluge; Qui telles une armée; Avaient tout massacré sur leur passage; Diminuèrent d'intensité; La mer se calma; Le vent s'apaisa; La clameur du déluge se tut." (L'Epopée de Gilgamesh, traduction d'A. Azrié). Nous retrouvons cette légende du déluge dans nombreuses cultures et religions (latine, biblique, indienne, coranique...). Il y a un aspect universel à ce mythe, qui est à chaque fois presque identique (construction d’une embarcation, nombre de survivants, couples d’animaux à sauver….). D’autres ressemblances troublantes sont à relier aux récits bibliques comme les notions d’enfer et de paradis, les eaux primordiales, la séparation du ciel et de la terre. Selon un texte sumérien nommé "l'Epopée de la création", à l'origine ; il y avait deux êtres, à la fois personnages et lieux : Apsû, l'eau douce, élément masculin, et Tiamat, la mer, élément féminin. De l'union d'Apsû et Tiamat sont nés tous les autres dieux. Or, dans la Genèse 1.1-4.26, il est dit en tout premier lieu « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre » et c’est à la suite de ces deux créations, que le reste suivit : la lumière, les ténèbres, la vie…. En tout premier lieu, la terre et l’eau était unit, Dieu a alors dit : « Qu'il y ait une étendue entre les eaux pour les séparer les unes des autres ! » (...)
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