|
Des milliers de documents cunéiformes ont permit aux chercheurs d’appréhender la culture sumérienne, de comprendre ses modes de vie, ses croyances, ses institutions politiques et juridiques. Les textes retrouvés témoignent d’une grande richesse intellectuelle ainsi que d’une connaissance avancée.
Il nous ait communément enseigné que la « démocratie » prend ses sources en Occident, or il semblerait que les prémices de celle-ci aient vu le jour au Proche Orient. Nous savons par exemple que le premier parlement, 3000 ans avant JC, se composait de deux chambres : Un sénat et une chambre basse formée par tout les citoyens en état de porter des armes. Tout comme dans la Grèce antique, Sumer se composait de villes états. (Ur, Eridu, Lagash…) Les villages se concentraient autour de ces villes plus grandes qui rivalisaient pour l’hégémonie. Concernant les questions de guerre et de paix, les souverains de Sumer consultaient leurs concitoyens, réunis en assemblée. La civilisation sumérienne était donc déjà dotée « d’institutions démocratiques ».
Des milliers de tablettes en argile, déterrées par les archéologues ont montré que la loi et la justice constituaient pour les sumériens des valeurs et concepts fondamentaux. D’après leurs écrits, nous comprenons que cette civilisation disposait de cours de justice dans lesquels les citoyens pouvaient espérer un procès équitable. Nous retrouvons sur ces tablettes le témoignage du plus vieux récit de meurtre de l’histoire. D’autres documents d’ordre juridique ont été retrouvés, tel que des contrats, des testaments, des actes ainsi que des reçus et arrêts des tribunaux. Ces traces laissées par le peuple sumérien ont joué un rôle prééminent dans les fondements de la civilisation. Les principes judiciaires de ces peuples sont clairement le reflet de leur mentalité et de leur culture. Néanmoins, la pratique judiciaire gardera la forme de règles pragmatiques et n’atteindra jamais le stade de lois fondées sur des principes éthiques, constituant les bases morales de la société comme il en a été le cas dans la Grèce antique.
D’après les tablettes, ce peuple semblait également maîtriser étonnement la cosmologie et l’astrologie. Selon Kramer, deux théories s’affrontent quant à l’évaluation des facultés de nos antiques mésopotamiens. Certains chercheurs pensent, en effet, que les sumériens n’étaient pas capables de raisonner logiquement et intelligemment sur les problèmes universels. Dans son livre « L’histoire commence à Sumer », Kramer nous fait comprendre que les sumériens n'avaient « aucun sens de la recherche scientifique; aucune curiosité scientifique comme si ils possédaient un "savoir" immuable, qu'ils ne tentaient pas d'améliorer ». Cette idée est soutenue par la preuve que partout dans leurs écrits, les sumériens affirment qu'ils n'ont jamais rien inventé. Tout "leur avait été enseigné par des Puissants venu d'une autre planète de notre système solaire". D’autres chercheurs en revanche, affirment qu’en comparaison à notre esprit moderne, ce peuple possédait une intuition et une profonde acuité leur permettant de percer les secrets de l’univers. Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : les sumériens tout comme nous, se sont fortement intéressés à l’origine et au mode de fonctionnement du cosmos.
Kramer, dans son livre, nous explique de quelle façon cette civilisation concevait leur planète et l’univers qui l’entoure. La base de l’univers était pour les sumériens constituée par la terre, sous la forme d’un disque plat entourée par la mer et flottant horizontalement dans une immense sphère. Cette sphère était, pour eux composait d’une demie sphère supérieure et une demie sphère inférieure, la première étant le ciel et la seconde représentant une sorte d’anti ciel : les enfers. Selon cette théorie, les sumériens pensaient que la terre était au centre de l’univers.

D’autres théories soutiennent l’idée que les sumériens avaient une connaissance beaucoup plus approfondie de l’espace. En effet, certains savants affirment que ce peuple savait exactement à quoi ressemblait leur système solaire comme en témoigne cette représentation surprenante :

Sceaux cylindres apparus vers URUK VII : celui ci est le VA 243.
Nous pouvons voir sur ce sceaux cylindre que le soleil et les planètes qui l’entourent ont une forme ronde. Cette représentation démontre donc que les sumériens imaginait leur propre planète sous une forme circulaire (et non plate) et qu’elle n’était pas à leurs yeux au centre de l’univers. C’est pourtant une réalité qui fut prouvée il y a seulement 300 ans en Europe. Cette représentation de l’espace indique aussi une autre planète que les sumériens nommait « Nibiru ». Plusieurs astronomes croient à la possibilité de l'existence d'une dixième planète. Si cela s’avère vrai, comment se fait il que les Sumériens en eurent connaissance avant nous ? D’où leur vient ce savoir ? Admettons également que cette dixième planète énigmatique n’existe pas. Dans ce cas, comment ce peuple a-t-il pu connaître l’existence des planètes que nous avons découvert il y a peu de temps ? Rappelons qu’en Occident, la planète Uranus fut découverte en 1781, la planète Neptune en 1847 et Pluton en 1930. Il semblerait pourtant que les sumériens connaissaient les planètes extérieures à la Terre, ainsi que leur tailles relatives et leurs niveaux d’éloignement par rapport au soleil.
Afin de rendre compte de la position des astres, les astronomes de l’époque se servaient de l’écliptique (le plan sur lequel la Terre tourne autour du soleil). Ainsi ils pouvaient évaluer la latitude et avaient divisé le ciel en 12 zones constituées d’arc de 30°, qui prirent le nom de la constellation principale qui s’y trouvait : ce sont les signes du zodiaque, que nous connaissons à présents sous des noms différents. Les mésopotamiens reconnaissaient, à quelques variations près, les mêmes constellations que celles que nous connaissons maintenant.

Cylindre d’Adad – Sharrum, fils de Shamaiatum. Mari. 18ème siècle avant JC. Stéatite. Haut. 2,7 cm. Paris, Musée du Louvre.
(...)
|